Les clichés

L’anorexie et les TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) ne sont que très rarement pris au sérieux et pourtant ils touchent un grand nombre de personnes. Est-il absurde de parler de maladie ? Eh bien non, au contraire. Ce qui est très souvent vu par un caprice d’adolescent est bien plus que cela. C’est une maladie, que nous pouvons même qualifier de grave, voire très grave dans certains cas.

                Tout d’abord arrêtons-nous cinq minutes sur les clichés :

  • L’anorexie ne touche que les filles. FAUX !
  • L’anorexie ne touche que les adolescents. FAUX !
  • L’anorexie se voit. Et encore, FAUX !

De la même manière que cette maladie est loin d’être ‘’un caprice de fille’’, elle touche aujourd’hui toute la population, du nouveau-né au sénior, et aussi bien les filles que les garçons. Abolissons tout de suite le cliché ‘’elle est maigre, c’est une anorexique’’. Tout d’abord on ne parle pas d’anorexique mais bien d’une personne atteinte d’anorexie. Oui, anorexique n’est pas une société, ni même un groupe auquel on appartient, il s’agit d’une pathologie très particulière où le déni est souvent de rigueur.

                Si je m’exprime en tant qu’ancienne malade, je peux dire qu’on a beaucoup de mal à s’avouer que nous sommes différents parce qu’on ne fait plus rien comme tout le monde. C’est certes un trait de caractère qui n’est pas commun mais qui est surtout à bannir. Il ne faut pas s’empêcher de vivre parce qu’on ne parvient pas à se nourrir de façon normale. Non, il faut penser à sortir, à s’aérer et le plus difficile…il faut aussi savoir rester seul un instant, se poser face à soi-même et réfléchir sur nous. Je pense que ce qui m’a sauvé c’est bien cela. Je raconterai dans un autre article comment j’ai pu me retrouver dans cette situation de repli sur soi et m’en sortir.

                De plus, je trouve absurde que l’anorexie et les TCA soient présentés comme des maladies de filles étant donné le nombre de garçons, et d’hommes que l’on peut qualifiés d’atteint de nos jours. Que l’on souhaite se muscler est une chose. En faire une activité vitale en est une autre. Ce que je veux dire par là, c’est que vouloir à tout prix des muscles marqués, ou tout simplement voir un nombre varier sur la balance (que ce soit vers le haut ou vers le bas) n’est pas quelque chose de sain. Je sais qu’encore aujourd’hui je peine à regarder ces nombres changer selon le moment de ma vie, selon mon état d’esprit, mais il faut se faire torture et laisser place à ce fameux…lâcher prise ! On n’a cessé de me répéter ce mot, et aujourd’hui je comprends enfin pourquoi.

                Il ne s’agit pas de ne plus rien contrôler, loin de là, il s’agit simplement de se dire : « bon allez, un deuxième chocolat ça ne va pas me faire de mal », « bon ce soir je me couche tard », « je finirai ça plus tard »…bref, il suffit de savoir dire non aux idées qui nous forcent à aller au bout de ce qu’on fait sans se laisser une seconde de répit, et de ne plus voir ce qui ce passe autour de nous tellement on est submergé par ce ‘’travail’’ que l’on s’impose.

Si vous avez des clichés ou des anecdotes intéressantes pour s’entraider, n’hésitez pas à vous abonner et à laisser un commentaire, ainsi que participer à un forum via le lien.